Un albinos, les yeux baissés, appuyé contre un mur sur lequel on peut voir son reflet (© AP Images)
(© AP Images)

On est trop souvent jugé sur les apparences. Mais au point d’être en butte à d’importantes discriminations, par exemple de se faire interdire l’entrée à l’école ou de se voir refuser un emploi ? Ou de risquer la mort ?

Beaucoup de personnes atteintes d’albinisme vous diront que oui. Même dès leur plus jeune âge, elles sont nombreuses à être victimes d’exclusion sociale et à vivre dans la peur constante de subir des violences. Pourquoi ? À cause des idées reçues – et totalement fausses – qui stigmatisent cette condition.

La journaliste Vicky Ntetema a risqué sa vie* pour dénoncer ces contrevérités parce « quand les droits de l’homme sont en jeu, il n’y a pas de compromis ».

En Tanzanie, où Vicky Ntetema vit et travaille, mais aussi dans d’autres pays d’Afrique, les sorciers propagent des mythes sur les albinos, qu’ils accusent d’être maudits et contagieux. Fait paradoxal, ils affirment pourtant que certaines parties de leur corps portent chance. Vicky Ntetema a compris pourquoi en se faisant passer pour une cliente : les sorciers tirent de gros profits de ce trafic macabre et inhumain.

L’albinisme a beau toucher 1 Tanzanien sur 1 400, c’est une condition qui reste incomprise. Beaucoup de gens ne savent pas qu’il s’agit d’une anomalie génétique, caractérisée par une absence de pigmentation de la peau.

Une femme tenant un trophée en verre, aux côtés du secrétaire d’État John Kerry (Département d’État)
Vicky Ntetema, tenant son trophée qui récompense les femmes de courage, pose avec le secrétaire d’État américain. (Département d’État)

« Il n’y a peut-être pas d’albinos dans votre famille, parmi vos amis ou vos voisins, mais qui sait si vous n’êtes pas porteur du gène », fait remarquer Vicky Ntetema. En Tanzanie, 1 personne sur 19 a un gène qui code ce caractère héréditaire. Un enfant naît albinos si son père et sa mère en sont tous les deux porteurs. Comme si souffrir de discriminations toute sa vie ne suffisait pas, il va aussi être atteint de déficience visuelle et courir un risque accru de cancer, étant plus sensible à l’exposition au soleil.

Le 29 mars dernier*, le secrétaire d’État américain John Kerry a rendu hommage à Vicky Ntetema pour avoir dénoncé les meurtres perpétrés contre les albinos, au péril de sa vie. John Kerry lui a remis le Prix du courage féminin et a salué son travail de journaliste. « Il a sauvé des vies et déclenché une ferme condamnation de la part de responsables tanzaniens » à l’égard de ceux qui s’attaquent aux albinos, a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Par le biais de l’ONG Under the Same Sun*, Vicky Ntetema « sort de l’ombre les personnes souffrant d’albinisme et milite pour leurs droits fondamentaux », a-t-il déclaré.

 

*en anglais