Le temps est déjà lourd à Niamey, aux aurores de ce jour du mois de mai, quand Halidou Beidou Rachidatou se lève pour aller au travail.

Armée d’un GPS, elle rejoint à vélo les équipes de collecteurs de données pour une mission importante : ajouter sur une carte du Niger les coordonnées des routes non répertoriées, pour le compte de l’Initiative présidentielle des États-Unis contre le paludisme (U.S. President’s Malaria Initiative, PMI).

L’objectif de Mme Rachidatou et de ses collègues est d’évaluer combien de temps il faut pour livrer des médicaments contre le paludisme et d’autres fournitures médicales à plus de 300 centres de soins. Les équipes doivent aussi réunir des données sur divers aspects des 130 chaînes logistiques du pays, tels que les conditions de stockage et la connectivité à l’internet.

Quel est l’aspect le plus difficile de son travail ? Sans hésitation, Mme Rachidatou répond : « L’état des routes ! L’endroit que vous voulez atteindre n’est peut-être pas loin, mais il faut une éternité pour y parvenir. »

C’est bien là l’un des obstacles les plus sérieux à la chaîne logistique des services de santé publique au Niger, les fournitures devant parvenir dans des localités même très reculées. Pour les chaînes d’approvisionnement qui les desservent, les difficultés sont multipliées par l’absence de cartes précises indiquant l’emplacement des divers dispensaires et centres de soins.

Cette lacune est apparue clairement quand le Niger est devenu un pays cible de la PMI en 2018. L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a alors commencé, pour le compte de la PMI, à établir des plans de distribution de médicaments antipaludiques en collaboration avec le gouvernement nigérien dans le cadre d’un projet de chaînes d’approvisionnement de l’USAID.

Des hommes debout à l’extérieur d’un dispensaire, en train de regarder leurs tablettes (USAID)
Les collecteurs de données Djibo Boureima, Ibrahim Salifou Maman Sani et Abdoulaye Ali notent les coordonnées GPS d’un centre de soins au Niger. (USAID)

« Les Google Maps montraient quelques routes, mais pas toutes », explique Eric Coulibaly, conseiller résident de la PMI attaché à l’USAID. « Certains dispensaires étaient comme des îlots au milieu du désert. »

À l’aide des données recueillies par Halidou Beidou Rachidatou et ses collègues, l’USAID a cartographié les routes et les coordonnées géographiques de tous les centres de soins. Les données ont ensuite été saisies dans OpenStreetMap, une carte du monde modifiable à source ouverte.

Les membres de l’équipe ont également travaillé avec de hauts responsables du gouvernement afin de montrer comment les données peuvent servir à créer des modèles plus efficaces pour l’acheminement des fournitures. Les données collectées et l’utilisation des logiciels de modélisation sont une première étape qui permettra de repérer les inefficacités et de trouver des solutions en matière d’entreposage et de distribution, ce qui permettra d’étayer la stratégie nationale de la chaîne logistique au Niger.

Une version plus étoffée de cet article est disponible, en anglais, sur le site web de l’USAID.

 

*en anglais