Les Américains ont le sens de l’entraide. C’était déjà évident au XIXe siècle, comme l’a constaté le philosophe français Alexis de Tocqueville pendant son séjour sur le Nouveau continent : « Je dois dire que j’ai souvent vu des Américains faire de grands et véritables sacrifices à la chose publique, et j’ai remarqué cent fois qu’au besoin ils ne manquaient presque jamais de se prêter un fidèle appui les uns aux autres. »

Arshia Wajid est donc américaine à 100 %. Elle n’avait que 6 ans lorsqu’elle a commencé à faire du bénévolat. En visite chez ses grands-parents en Inde, elle donnait un coup de main dans le dispensaire de son grand-père où venaient se faire soigner de nombreux patients défavorisés.

Aujourd’hui, adulte et armée d’une maîtrise en administration et santé publique, Arshia Wajid fait depuis un an du bénévolat en tant que coordinatrice à l’Inner-City Muslim Action Network Health Clinic* de Chicago. Cet établissement dispense gratuitement des soins de base aux personnes sans assurance-maladie dans les quartiers défavorisés de la ville.

« Les dispensaires gratuits sont un ‘filet de sécurité’ pour ces personnes et, en tant que membre de la profession médicale, je devais faire quelque chose pour les aider à avoir accès aux soins de santé », souligne Arshia Wajid.

Du dispensaire de son grand-père à la clinique de Chicago, il y a eu d’autres étapes humanitaires pour Arshia Wajid. Elle a apporté bénévolement ses services à l’association Habitat pour l’Humanité et au programme Meals on Wheels, qui assure la livraison à domicile de repas pour personnes âgées ou invalides. Elle a également participé à des missions médicales humanitaires en Équateur, à Haïti et en Inde.

Musulmane, Arshia Wajid explique que sa foi renforce son dévouement quand elle fait du bénévolat et se met au service des autres. « Être solidaire avec la communauté fait partie de notre religion, dit-elle. L’islam nous encourage à participer activement à la société civile et à aider ceux qui sont défavorisés ou marginalisés dans la société. »

En 2004, elle a fondé l’American Muslim Health Professionals*, une organisation sans but lucratif qui renforce le pouvoir d’action des musulmans dans la profession médicale pour améliorer la santé de l’ensemble des Américains. Le groupe cible en particulier la santé mentale, les handicaps et l’accès à la couverture médicale.

Le président Obama accueille un groupe de gens et serre la main d’Arshia Wajid (Maison Blanche)
Arshia Wajid rencontre le président Obama. (Maison Blanche)

Les efforts d’Arshia Wajid au sein de cette association ne sont pas passés inaperçus auprès de la Maison Blanche, qui l’a invitée, en compagnie d’un groupe de leaders musulmans américains, à rencontrer le président Obama. À l’ordre du jour de cette rencontre avec le chef de l’exécutif : les différents dossiers qui touchent la communauté musulmane.

« C’était un privilège », confie-t-elle, en parlant de sa réunion avec le président en février 2015.

Elle voudrait que tous ses concitoyens mettent de côté une heure ou deux par semaine, ou même par mois, pour contribuer à une cause qui leur tient à cœur. « C’est vraiment très important de choisir une cause qui vous passionne et d’y consacrer le temps que vous pouvez, insiste-t-elle. Que ce soit aider les sans-abri, les orphelins, les anciens combattants ou les personnes handicapées, on n’a que l’embarras du choix quand on veut vraiment s’impliquer. »

 

*en anglais