Comment expliquer l’engouement pour la « March Madness » ?

Pas de panique si vous venez d’arriver dans une université aux État-Unis. Ce qui cause la frénésie autour de vous ces jours-ci n’est autre que la March Madness (la Folie de Mars). De la mi-mars au début avril se déroule le championnat de basket universitaire de la NCAA. Un tournoi qui déchaîne les passions, non seulement des étudiants, mais d’une grande partie de la population.

Pendant trois semaines, l’internet tourne au ralenti à cause du trop grand nombre de personnes qui suivent les matchs en ligne. En 2016, dernière année pour laquelle on ait ces données, les revenus des spots publicitaires télévisés ont atteint 1,24 milliard de dollars.

Voici trois questions-réponses qui vous aideront à comprendre ce phénomène culturel américain. Et l’an prochain, quand vous serez sur un campus aux États-Unis, ce sera peut-être votre tour de pousser des cris pour encourager votre équipe favorite !

Deux femmes jouant au basket (© LM Otero/AP Images)
Les Bulldogs de Mississippi State ont remporté le tournoi de basket de la NCAA, catégorie dames, le 2 avril 2017. (© LM Otero/AP Images)Pourquoi ce championnat est-il si populaire ?

Les Américains font preuve d’une immense loyauté envers les établissements où ils ont fait leurs études. Qu’ils aient fréquenté l’université il y a 30 ans ou qu’ils y soient inscrits depuis deux mois seulement, les supporters ont tendance à penser que leur équipe est la meilleure et qu’elle mérite de devenir championne.

De toute façon, ce sont des matchs passionnants. D’abord, parce que, par rapport au basket professionnel, il y a moins de matchs éliminatoires dans ce tournoi ; du coup, l’enjeu de chaque rencontre est plus grand, et les matchs se déroulent sur une période beaucoup plus courte. Alors, même si leur équipe ne se qualifie pas, ses supporters suivent quand même le championnat. Et puis aussi parce que, contrairement aux basketteurs professionnels, les sportifs universitaires jouent non pas pour l’argent, mais pour l’honneur de leur établissement et la passion du sport.

Qui participe ?

Plus de 300 équipes universitaires jouent dans la Division 1 de la NCAA. Le « Dimanche de sélection » — qui tombe le 11 mars cette année — un comité révèle les noms des 68 équipes masculines qui vont s’affronter dans le tableau masculin*. (Huit équipes se disputent des matchs préliminaires, et les quatre gagnantes feront partie du groupe des 64.) Les noms des 64 équipes du tableau féminin* sont annoncés séparément, par un autre comité.

Parmi ces 132 heureux élus, 64 équipes gagnent leur place après une série de rencontres organisées depuis janvier. Les autres sont choisies par le comité de sélection en fonction de la qualité et de la difficulté de leur saison. Le tableau est ensuite divisé en quatre régions.

Dans chaque région, la meilleure équipe (« first seed ») affronte la plus faible (« 16th seed »). En début de tournoi, les matchs disputés par les équipes situées en milieu de tableau sont plutôt équilibrés.

Un joueur sur une échelle tenant un brin d’un filet de basket dans une main, et le reste du filet dans l’autre (AP Photo/Charlie Riedel)
Jordan Bell, dont l’équipe (Oregon) a remporté la finale du match éliminatoire régional pour la région du Midwest contre le Kansas le 25 mars 2017, découpe au ciseau le filet d’un panier de basket, comme le veut la tradition. (AP Photo/Charlie Riedel)

Qui a des chances de gagner ?

C’est une autre raison pour laquelle la March Madness est si populaire : personne n’est sûr de rien.

Deux des favorites de ce printemps, l’université du Kansas (KU) et l’université Villanova, sont des équipes connues, avec de nombreuses victoires à leur actif. L’université de Virginie (UVA) et l’université Xavier sont au top du classement, mais elles n’ont pas gagné leurs derniers matchs du tournoi.  Mais ce qui rend la March Madness aussi divertissante, c’est l’ascension soudaine des équipes baptisées « Cendrillon », qui viennent de nulle part et créent la surprise en battant de grosses équipes réputées invincibles.

En 2013, l’équipe masculine de la Florida Gulf Coast University – à l’époque 10 ans d’existence seulement et 15e au tableau dans sa région – avait gagné sa place parmi les 16 dernières équipes en lice en battant Georgetown University, classée 2e. Quelles pourraient être les équipes Cendrillon cette année ? Peut-être les Trojans de Troy University, les Norses de la Northern Kentucky University, les Fighting Hawks de l’University of North Dakota et les Tigers de la Texas Southern University, pour ne citer qu’elles. Reste à voir jusqu’où elles iront au cours de cette March Madness, et si elles feront partie des bracket busters, les « trouble-fête du tableau ».

Dans le tournoi féminin, quatre équipes arrivent en tête du tableau : les Huskies de l’université du Connecticut (UConn), les Fighting Irish de l’université de Notre Dame, les Bulldogs de Mississippi State et les Cardinals de l’université de Louisville. Parmi les équipes Cendrillon, on trouve les Black Bears de l’université du Maine (UMaine), les Bruins de l’université Belmont et les Bobcats de l’université Quinnipiac.

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Mise à jour d’un article publié le 26 mars 2017.

 

*en anglais