L’agriculture fait vivre beaucoup de familles, mais pas toujours très bien. Alors, comment mettre du beurre dans les épinards ? En pratiquant l’agritourisme ! Il s’agit tout simplement d’attirer les citadins à la campagne pour leur faire découvrir le milieu rural.

Des jeunes Africains en stage de six semaines aux États-Unis dans le cadre du programme Mandela Washington Fellowship ont visité une ferme à Menomonie (Wisconsin), Govin’s Meats and Berries, qui accueille des touristes curieux de savoir à quoi ressemble le mode de vie rural.

ShareAmerica a recueilli quelques questions qu’ils ont posées à ses propriétaires : John Govin, qui a grandi dans une ferme laitière, et son épouse, Julie, une fille de la ville. Sa connaissance du marketing, du fait de ses études à l’université de Wisconsin-Stout, s’est avérée bien utile.

Des membres du YALI Network assis sur des bancs dans une ferme (Photo offerte par Govin's Meats and Berries)
Des jeunes leaders de plusieurs pays africains profitent d’un moment de détente avec John Govin, au centre, spécialiste de l’agritourisme. (Photo offerte par Govin’s Meats and Berries)

Question : Comment avez-vous payé votre ferme ?

Réponse : Le vendeur nous a fait une offre intéressante, et notre banque nous a soutenus. On a fait des emprunts au fur et à mesure. On a toujours remboursé nos prêts. Notre exploitation fait 26 hectares – la superficie qui convient, pour deux personnes.

Question : Comment votre ferme gagne-t-elle de l’argent ?

Réponse : On élève du bétail et des moutons, pour vendre leur viande. Et des poules et des poulets, pour leurs œufs et leur chair. On cultive des fraises sur 2,5 hectares. On vend directement aux consommateurs, et l’agritourisme nous rapporte de l’argent aussi. Les gens aiment savoir d’où vient ce qu’ils mangent et comment ça pousse.

Les citadins aiment bien voir les animaux naître. Alors, au printemps, on invite les gens à visiter la bergerie où on garde les agneaux. On fait payer l’entrée. On a aussi des chèvres, des poneys et même des alpagas… d’Amérique du Sud. Ça fait plaisir aux enfants de les caresser. On a des posters dans la bergerie qui donnent des explications sur les animaux. Les gens paient pour aller cueillir des fraises. Ou ils peuvent acheter des fruits tout frais cueillis. L’arrivée des fraises est toujours une grande attraction.

À l’automne, on aménage un labyrinthe dans un champ de maïs pour que les gens viennent s’y promener (comme dans un jardin qui serait bordé de haies). On décore une grange qu’on loue pour des mariages.

« Si vous pouvez gagner votre vie en vendant à vos voisins ce que vous cultivez, vous enrichissez votre existence et celle de vos voisins. » — John Govin

Question : Comment faites-vous connaître votre ferme ?

Réponse : On est bien situés, près d’une grande route. On a placé un grand signe, près du panneau routier, pour indiquer le chemin vers notre ferme. On vend nos viandes dans un marché en plein air, à Eau Claire, à 35 km de là. Plus de 100 000 personnes vivent dans un rayon de 130 km de notre ferme. Pour faire de la publicité, on distribue des prospectus et on utilise les réseaux sociaux. On se fait aussi connaître par le bouche à oreille, ça marche très bien.

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Aujourd’hui, plus de la moitié des habitants de la planète vivent dans des villes, indique la Banque mondiale. Mais la campagne a gardé tout son attrait. Nostalgie ou amour de la vie en plein air ? Peu importe. Le fait est que les citadins veulent retrouver un milieu rural, et les fermes situées près des agglomérations en retirent des avantages.