De nouveaux textiles, tissés de matériaux d’origine surprenante, vont nous permettre de fabriquer des vêtements plus légers, plus aérés et plus écolos.

Découvrez ce que les scientifiques sont en train d’utiliser pour la prochaine génération de vêtements d’extérieur :

Du mucus de poisson

L’US Navy est allée à la pêche dans l’océan pour y trouver ses prochains textiles synthétiques. Résultat (peut-être un peu répugnant au premier abord) : des scientifiques du Surface Warfare Center de la marine américaine ont fabriqué des vêtements à partir de la substance gélatineuse produite par la myxine du Pacifique*, un vertébré aquatique marin anguilliforme.

La myxine, qui vit dans les profondeurs de l’océan, est dépourvue de mâchoires. Ça ne veut pas dire qu’elle est sans défense. Lorsqu’elle se sent menacée, elle secrète un mucus gluant et filamenteux qui obstrue les branchies de son agresseur.

Hands holding slime above eel in tray (U.S. Navy)
Des mains étirant le mucus d’une myxine pour montrer son élasticité. (DOD)

Mais pas d’affolement. L’US Navy s’intéresse au mucus des myxines parce qu’il possède des qualités incroyables*. À la fois doux et ultrarésistant, il se distend rapidement au contact de l’eau et se dissout par la suite.

« Les possibilités sont infinies », y compris dans la fabrication de tissus et d’équipements pour les sapeurs-pompiers et les plongeurs sous-marins, explique le biochimiste Josh Kogot.

L’US Navy espère remplacer les matériaux synthétiques dérivés du pétrole par la source renouvelable qu’est le mucus des myxines.

Du plastique pas comme les autres

Des scientifiques de l’université Stanford ont inventé une façon d’intégrer un textile à base de plastique dans la fabrication traditionnelle de vêtements de manière à rafraîchir les gens qui les portent. Ce plastique permet à la chaleur émise par le corps (rayonnement infrarouge) de passer à travers le textile, ce qui fait qu’on a moins chaud.

Son principal créateur, Yi Cui, professeur de science et d’ingénierie de matériaux à Stanford, affirme qu’en portant des vêtements refroidissants, les gens seront à l’aise et auront moins recours à la climatisation.

Des déchets, mais encore

Si le plastique des nouvelles chemises fabriquées à Stanford vous semble curieux, saviez-vous que l’équipe de foot allemande du Bayern de Munich et l’équipe espagnole du Real Madrid portent des maillots tissés littéralement de déchets, sacs plastique et autres, récupérés dans l’océan.

Xabi Alonso on field with ball (© AP Images)
Le footballeur du Bayern de Munich, Xabi Alonso, porte un maillot fabriqué entièrement de plastiques et autres déchets recyclés récupérés dans l’océan. (© AP Images)

Les uniformes sont nés d’un partenariat entre Adidas et l’organisation de défense de l’océan Parley*. Adidas transforme les plastiques recyclés en une fibre synthétique pratiquement impossible à distinguer d’un textile en coton. Son objectif : éliminer les plastiques non recyclés de sa chaîne d’approvisionnement et continuer à nettoyer les océans.

 

*en anglais