Un médecin envoie un texto et, quelques minutes plus tard, un petit avion télécommandé arrive dans le ciel. Son chargement ? Un paquet contenant du sang, destiné à une transfusion vitale.

Le drone peut couvrir une distance d’environ 70 km en 30 minutes et larguer un parachute contenant des produits médicaux. Au Rwanda, où les trois quarts des routes ne sont pas goudronnées, les drones permettent de contourner le problème des chemins qui sont régulièrement inondés pendant la saison des pluies.

« Les gens n’attendent pas qu’il recommence à faire beau pour tomber malades ou avoir des urgences médicales. Si on va construire quelque chose d’utile, ça doit pouvoir marcher tout le temps », explique Keller Rinaudo*, fondateur et directeur général de Zipline International Inc., une startup basée en Californie qui fabrique ce système de livraison de médicaments.

Zipline* s’est associée au gouvernement rwandais pour tester sa flotte de drones de livraison de produits médicaux. Cet été, elle enverra 15 avions vers 21 centres médicaux difficiles d’accès et dispersés dans la moitié du pays. L’expérience commencera en juillet avec la distribution de produits sanguins, qui ont une durée de vie limitée et doivent impérativement être conservés à certaines températures. Les drones super rapides de Zipline effectueront jusqu’à 150 livraisons par jour à partir de leur base située dans l’ouest du Rwanda.

Le docteur Agnes Binagwaho, la ministre rwandaise de la Santé, y voit beaucoup d’avantages : « J’espère aussi qu’en testant ce système, on apprendra par expérience. On ne peut bien sûr pas prédire combien de vies pourront être sauvées, mais sauver ne serait-ce qu’une seule vie représente quelque chose de crucial », insiste-t-elle*.

Petits, mais costauds

Les drones de Zipline, appelés « Zip », ressemblent à des têtards volants. Fabriqués en fibre de carbone léger et en kevlar, les Zip ont une grande envergure (presque 2,5 m), mais ne pèsent que 10 kg.

Ils sont lancés à l’aide d’un système de catapulte et volent à 100 mètres d’altitude, puis se rapprochent du sol pour larguer leurs paquets, dont la chute est amortie par un parachute en papier jetable. Ils repartent pour la base dès leur mission accomplie, sans se poser, donc pas besoin de piste d’atterrissage.

Un Zip coûte environ le même prix qu’une moto, mais peut se rendre dans des zones où les routes sont difficilement accessibles, voire inexistantes.

Regardez un Zip en pleine action* :

Zipline a recruté des ingénieurs de chez Google, l’université Stanford, Boeing et SpaceX pour concevoir le Zip. L’organisation internationale GAVI, qui travaille avec des partenaires du secteur privé pour généraliser la vaccination des enfants, s’est également associée à ce projet, tout comme la société de coursiers UPS et le gouvernement du Rwanda.

Le Rwanda voudrait devenir une plateforme tech pour l’Afrique de l’Est. C’est ce qui a attiré Zipline à expérimenter son système de livraison là-bas. « Des projets comme le nôtre coïncident parfaitement avec cette stratégie », constate William Hetzler*, cofondateur de la société.

Keller Rinaudo espère élargir le concept de distribution de produits médicaux par drone partout où les conditions de livraison sont difficiles en raison du terrain ou pour des questions de logistique.

Les drones ne sont pas les seuls véhicules innovants qui permettent de livrer des médicaments dans des zones reculées. Récemment, un frigo pour vaccins alimenté par un vélo, conçu par un scientifique en herbe, a attiré l’attention du président Obama lors de la fête annuelle de la science à la Maison-Blanche de 2016.

 

*en anglais