Il y a ceux que l’adversité décourage, et d’autres à qui elle donne des ailes… Deux femmes bravent tous les dangers pour venir au secours des plus faibles.

Emilie Béatrice Epaye et Linda Thomas-Greenfield, posent en tenant le Prix du Courage féminin 2014 (Ambassade des États-Unis en Centrafrique)
Emilie Béatrice Epaye a reçu le Prix du Courage féminin 2015 des mains de la secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines, Linda Thomas-Greenfield (Ambassade des États-Unis en Centrafrique)

Quand les rebelles de la Séléka ont pris d’assaut la capitale de la Centrafrique, en mars 2013, Emilie Béatrice Epaye a assisté comme tous les Banguissois aux exactions : meurtres, agressions sexuelles, recrutement d’enfants soldats… L’association dont elle est présidente, « La Voix du Cœur », n’y a pas échappé. Son dortoir, qui accueille des enfants des rues et des enfants abandonnés, a été pillé par les rebelles.

Mais dans une société paralysée par la violence et l’intimidation, cette femme politique et ex-parlementaire a refusé de garder le silence. Elle a œuvré de plus belle pour protéger les enfants de l’esclavage, des abus sexuels et des mariages forcés et tenter de les réinsérer. Elle participe aujourd’hui à des initiatives pour promouvoir la bonne gouvernance, le développement économique, les droits de l’homme et la réconciliation nationale en Centrafrique.

C’est pour ces efforts que le département d’État des États-Unis a récompensé Emilie Béatrice Epaye en lui décernant début mars le Prix du courage féminin 2015.

Autre lauréate de ce prix, la Guinéenne Marie Claire Tchecola s’efforce, elle aussi, d’apporter un soutien aux personnes les plus vulnérables, en dépit des risques que cela représente.

Claire Tchecola pose avec une responsable du CDC (CDC)
Le CDC a rendu hommage à Marie Claire Tchecola, infirmière urgentiste et survivante d’Ebola. (CDC)

Issue d’un petit village à la frontière avec le Sénégal, Marie Claire a été la première de sa famille à faire des études. Elle aurait pu chercher à devenir médecin, mais elle choisit la profession d’infirmière « parce qu’on peut toucher davantage de personnes », explique-t-elle. C’est malheureusement en entrant en contact avec une malade d’Ebola aux urgences de l’hôpital Donka, à Conakry, que Marie Claire contracte le virus. Nous sommes en juillet 2014 : les rumeurs et la désinformation vont bon train sur la maladie et son traitement. Ebola, « c’est la mort quasi assurée », pense-t-elle.

Mais elle a le bon réflexe. Elle prend ses distances avec sa famille et ses amis et se fait soigner dans un centre spécialisé. Une geste salutaire, car non seulement elle va survivre, mais elle va empêcher la contamination d’autres personnes de son entourage. Elle n’est cependant pas au bout de ses difficultés : malgré son rétablissement, ses amis l’évitent et son propriétaire l’expulse.

Des réactions qui vont la motiver à militer contre la stigmatisation des survivants d’Ebola. Aujourdhui, Marie Claire Tchecola a repris son travail d’infirmière à l’hôpital Donka. Elle milite aussi activement au sein de l’Association des personnes guéries et affectées d’Ebola en Guinée. Les survivants continuent d’être victimes de discrimination dans leur entourage et par les employeurs. Ils ont pourtant leur rôle à jouer contre la propagation du virus.

Le taux d’infection de l’Ebola a fortement baissé en Afrique de l’Ouest et beaucoup d’écoles ont rouvert. Mais pour Marie Claire Tchecola, le travail d’éducation du public continue.

Emilie Béatrice Epaye  et Marie Claire Tchecola font partie des dix femmes qui ont reçu le Prix du courage féminin 2015 décerné chaque année par le département d’État des Etats-Unis.