Il faut que les jeunes aient leur place à la table

La question des tensions politiques entre les générations, Michael Jobbins connaît. Il a entendu plus d’une fois des personnes âgées qualifier les jeunes manifestants de « problème à régler ». Leur conseil aux jeunes : attendez votre tour, et vous serez peut-être « les leaders de demain ».

Michael Jobbins est directeur des affaires et partenariats mondiaux à Search for Common Ground (SFCG), une association implantée à Washington et dédiée à la résolution des conflits à travers le monde.

« En réalité, fait-il observer, les jeunes sont les leaders d’aujourd’hui. » Et dans bien des pays, ils représentent la majorité des électeurs. Il est donc important de canaliser leur énergie « en les encourageant à participer au processus électoral de manière constructive ». Une bonne façon de les dissuader de l’action violente.

Le responsable de SFCG cite l’exemple de la campagne Vote Not Fight* menée au Nigéria en prévision des élections de 2015. Elle a encouragé les jeunes à s’associer aux artistes, aux médias et aux organisations non gouvernementales pour démontrer « la volonté du peuple de voir les élections se dérouler pacifiquement ».

« Des membres de l’élite aux plus humbles citoyens, on comprenait que les élections risquaient d’être controversées et que tout le monde devait y mettre du sien pour empêcher ça et pour accepter le résultat [du scrutin] », explique Michael Jobbins. Le succès de cette campagne a surpris les observateurs, qui redoutaient des actes de violence au cas où l’issue du vote serait contestée.

Les dérapages sont toujours possibles, surtout quand des politiciens cyniques manipulent les jeunes pour perturber le déroulement des élections et supprimer la participation des électeurs. Un cas de figure qui se produit parfois, signale Michael Jobbins. Il arrive aussi que les jeunes soient payés pour semer le trouble.

Mais la communauté internationale réagit : en 2015, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution (résolution 2250) qui exhorte les pays à faire des jeunes des partenaires pour la paix et la sécurité, et à leur donner voix au chapitre en matière de gouvernance.

Le réseau mondial UNOY* de jeunes et d’organisations pour la jeunesse acquis à la paix a réuni tout un ensemble de ressources* liées à cette résolution. « C’est une chance pour les jeunes leaders en herbe. On note une prise de conscience accrue, au niveau international, du fait que les jeunes doivent avoir leur place à la table », résume Michael Jobbins.

 

*en anglais