Le gouvernement chinois continue d’être le pire violateur de la liberté d’expression sur internet, selon un rapport évaluant la liberté sur le net* publié en novembre. La censure oppressive imposée par la Chine affecte également de plus en plus de personnes en dehors du pays.

Pour la quatrième année consécutive, Freedom House, une organisation indépendante de surveillance consacrée à l’expansion des libertés et de la démocratie dans le monde, affirme que Beijing possède l’internet le plus limité, le plus oppressif et le moins libre du monde.

« La liberté d’internet en Chine a atteint son niveau le plus bas depuis le lancement du rapport Freedom on the Net », relève l’organisation. « La censure et la surveillance ont été poussées à des extrêmes sans précédent quand le gouvernement a amélioré ses techniques de contrôle de l’information. »

Le gouvernement chinois censure internet afin de stopper toute dissidence et de maintenir son contrôle sur la population. Dans un rapport de 2018, le département d’État des États-Unis estimait à des dizaines de milliers le nombre de personnes employées directement par Beijing pour surveiller les communications électroniques et les publications sur internet. Et sous l’ordre du gouvernement, les opérateurs internet privés en emploient des milliers d’autres pour circonscrire les activités des utilisateurs.

« Les violations de la liberté d’internet commises par le Parti communiste chinois prouvent clairement que les responsables du PCC se soucient davantage du maintien de leur emprise sur le pouvoir que du bien-être de leurs propres citoyens », a dénoncé dans une interview Annie Boyajian, la directrice de la promotion des droits, chez Freedom House.

Dans le même rapport mentionné précédemment, les États-Unis occupent la cinquième place sur 65 pays évalués par l’organisation, ex-æquo avec le Royaume-Uni et l’Australie. La Chine se retrouve à la 65e place, la dernière du classement.

La censure à l’étranger

La censure effectuée par Beijing est en train d’affecter de plus en plus de gens en dehors de la Chine, conséquence de l’influence du Parti communiste chinois sur les entreprises de technologie du pays qui ont développé des applications utilisées dans le monde entier.

« Non seulement le gouvernement chinois restreint l’accès à l’internet, surveille les internautes et dissémine sa propagande à l’intérieur des frontières de la Chine, mais il multiplie ses efforts pour étendre également son autoritarisme numérique au-delà de la Chine », a souligné Mme Boyajian.

WeChat est l’appli de réseau social la plus populaire en Chine, et les communautés chinoises de la diaspora l’utilisent aussi à travers le monde. Mais parmi les utilisateurs qui vivent à l’étranger, beaucoup sont stupéfaits de découvrir que Beijing apparemment surveille et décide de ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas dire. En voici quelques exemples :

Quand un internaute hors de Chine « communique avec une personne également à l’étranger mais qui a l’appli WeChat, ils sont assujettis la plupart du temps aux règles en vigueur en Chine », a précisé Sarah Cook, une chercheuse à Freedom House, dans une interview avec la National Public Radio.

TikTok est une autre appli chinoise populaire. Une adolescente du New Jersey a vu son compte suspendu après avoir téléchargé une vidéo sur TikTok portant sur la persécution des Ouïgours par le gouvernement chinois. TikTok a nié que la suspension avait un lien quelconque avec la vidéo. Mais des documents rendus publics par le journal The Guardian* montrent que TikTok censure souvent les sujets auxquels s’oppose le gouvernement chinois.

Le problème de la censure et de la répression en ligne est particulièrement important à l’heure où la Chine cherche à vendre au monde l’internet mobile de l’avenir par les réseaux 5G. « Le Parti communiste chinois (PCC) peut forcer n’importe quel équipementier 5G basé en Chine à lui remettre des données et prendre d’autres mesures secrètes », a expliqué le secrétaire d’État Michael Pompeo le 2 décembre.

 

*en anglais