L’explosion des obligations vertes permet aux économies émergentes telles que l’Inde ou la Chine d’investir plus facilement dans des projets d’énergie propre.

Selon Climate Action Programme, une organisation basée à Londres, la croissance mondiale de ce type d’obligations va se poursuivre. Le marché des obligations vertes triplera de taille si l’on en croit ses prévisions, passant de 37 milliards de dollars en 2014 à 100 milliards de dollars en 2015.

Au mois de février, Yes Bank a émis la première obligation verte en Inde d’une valeur de 10 milliards de roupies (160 millions de dollars) afin de financer la construction d’infrastructures axées sur les énergies solaire et éolienne, la biomasse et les projets hydroélectriques à petite échelle. Cette obligation pourrait aider le pays à réaliser l’objectif fixé par le premier ministre Narenda Modi de passer de 34 à 175 gigawatts de capacité en énergie renouvelable d’ici à 2022.

Des gens marchent parmi des panneaux solaires. (© AP Images)
Le premier ministre Narenda Modi a pour objectif d’augmenter la capacité d’énergie solaire de l’Inde pour atteindre les 175 gigawatts d’ici à 2022. (© AP Images)

Outre les banques, les entreprises et les municipalités commencent également à émettre des obligations vertes. En 2014, Johannesburg en Afrique du Sud  a été la première ville à démontrer que ces obligations permettent de couvrir le coût de projets d’énergie propre dans une économie émergente.

L’énergie renouvelable n’est pas uniquement salutaire pour l’environnement. Les investissements dans le solaire, l’éolien et d’autres sources d’énergie propre peuvent baisser le coût énergétique et stimuler l’économie*.

Prêt conventionnel contre prêt obligataire

Le financement du secteur de l’énergie renouvelable n’a pas été simple dans certains pays en développement. Le coût (ou taux d’intérêt) des prêts commerciaux a longtemps été prohibitif, surtout pour les entreprises dans des marchés émergents comme l’Inde.

« En Inde, à cause du coût élevé de la dette et des conditions qui y sont assorties, les projets dans le domaine de l’énergie renouvelable sont de 24 à 32% plus onéreux qu’aux Etats-Unis ou en Europe », révèle une étude publiée par Climate Policy Initiative* et l’école de commerce Indian School of Business.

Les obligations vertes constituent une alternative. À l’instar des obligations classiques, elles sont émises afin de lever des capitaux auprès de particuliers aisés et d’autres investisseurs. Seule différence : les recettes doivent êtres reversées pour financer des projets favorables à l’environnement. C’est là l’unique règle ou norme associée aux obligations vertes.

Ce qui rend cette source de financement particulièrement attractive, c’est son prix. La demande récente parmi les investisseurs de véhicules financiers liés à des projets dans le domaine de l’énergie durable a permis aux émetteurs d’obligations vertes de proposer des taux d’intérêt plus intéressants que ceux d’autres mécanismes de financement.

 

*en anglais