Les chrétiens américains voient dans le carême est un renouveau spirituel

Une femme asiatique en train de prier (© Scott Olson/Getty Images)
Les catholiques célèbrent, un peu plus tôt cette année, le mercredi des Cendres, le premier jour du carême, à la cathédrale du Saint-Nom de Chicago. (© Scott Olson/Getty Images)

Lorsque le très révérend Michael Curry était enfant, il a renoncé au chewing-gum pendant le carême, tout comme de nombreux jeunes chrétiens se privent de chocolat ou d’autres friandises.

Aujourd’hui évêque président et primat de l’Église épiscopale, il comprend mieux ce que signifie le carême.

« C’est plus important qu’une barre de chocolat Hershey, dit-il. Au départ, les 40 jours de prière, de jeûne et de don servaient à préparer les gens à entrer dans le giron de l’Église à Pâques. Mais cette période inclut maintenant tous les chrétiens qui cherchent à approfondir leur foi. »

Selon le Forum sur la religion et la vie publique du Pew Research Center*, 63 % des Américains sont chrétiens. Et pour eux, le carême « peut être un temps de vrai renouveau spirituel », ajoute le révérend.

La période précédant Pâques reflète les 40 jours que Jésus a passés dans le désert à prier, à jeûner et à se préparer pour son ministère. Les Américains chrétiens suivent son exemple de diverses façons : ils renoncent à de mauvaises habitudes, s’abstiennent de consommer certains aliments ou de profiter de certaines formes de divertissement, suivent des cours sur l’étude de la bible, se mettent au service des autres ou font des dons à des œuvres de charité.

Le carême est « le nettoyage de printemps pour l’âme », et l’abstinence — qu’il s’agisse de friandises, de médias sociaux ou de toute autre chose — est un moyen d’éliminer des distractions qui nuisent à la réflexion spirituelle, explique Ryan Dunn, pasteur responsable de la présence en ligne de l’Église méthodiste unie, qui compte 30 000 églises aux États-Unis.

 L’évêque Michael Curry parlant dans un microphone, les mains levées et un drapeau derrière lui (© Rick Bowmer/AP Images)
L’évêque Michael Curry prend la parole après avoir été élu évêque président de l’Église épiscopale, en 2015, le premier Africain-Américain à occuper ce poste. (© Rick Bowmer/AP Images)

Le test de la volonté permet de « prendre conscience de la façon dont l’égoïsme peut nous détourner du droit chemin et de la façon dont il grandit en nous ».

Entretenir des liens et se recueillir

De nombreuses paroisses catholiques d’Amérique offrent des dîners sans viande le vendredi dans leurs salles de réunion, où s’affairent des paroissiens bénévoles tandis que les enfants s’amusent et que les adultes discutent. Les fidèles participent à un exercice de dévotion appelé le Chemin de la Croix, ce qui permet de réfléchir aux derniers moments de la vie de Jésus.

Les activités du carême culminent avec la Semaine Sainte, qui commence cette année le 10 avril, lors du dimanche des Rameaux, et se termine à Pâques, le 17 avril. La Semaine Sainte est ponctuée de services supplémentaires, et les bancs se remplissent de fidèles.

Une femme tenant un bouquet parmi le groupe (© Jessica Rinaldi/The Boston Globe/Getty Images)
Des paroissiens quittent l’église après la messe du dimanche des Rameaux de 2017 à l’église St. Rose of Lima, à Chelsea (Massachusetts). (© Jessica Rinaldi/The Boston Globe/Getty Images)

Observer le carême permet aux chrétiens de recentrer leurs priorités, poursuit le révérend. Il rappelle à cet égard le passage du Nouveau Testament à propos de Jésus qui marche sur l’eau pour aller vers ses disciples, dans une barque ballottée par la force du vent. « C’est ce que le carême essaie de nous apprendre à faire : marcher sur l’eau dans la tempête, ce qui ressemble souvent à la vie », déclare le très révérend Michael Curry.

 

Mise à jour d’un article publié le 25 mars 2021.

 

*en anglais