Pour une presse libre, il faut un internet ouvert

Deux hommes assis dans un cybercafé, l’un travaillant sur un ordinateur portable, l’autre parlant au téléphone (© Vahid Salemi/AP Images)
Un cybercafé à Téhéran, en 2019. Les Iraniens cherchent continuellement des moyens de contourner la censure officielle. Le gouvernement restreint l’accès aux réseaux sociaux les plus populaires. (© Vahid Salemi/AP Images)

À travers le monde, la liberté de la presse dépend de l’ouverture, de la fiabilité et de la sécurité de l’internet.

Cette année, la Journée mondiale de la liberté de la presse marque le 30e anniversaire de la Déclaration de Windhoek*, un texte créé et ratifié en 1991 par un groupe de journalistes africains lors d’un colloque de l’UNESCO à Windhoek, en Namibie.

La date de sa signature, le 3 mai, a été choisie pour la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

À l’occasion de cette journée, et compte tenu de la transformation du monde des médias, l’UNESCO réaffirme les principes de la Déclaration de Windhoek selon lesquels l’information est un bien public, et elle appelle au maintien d’un internet ouvert et propice à la libre circulation de l’information.

Mais dans beaucoup de pays, les gens ont du mal à accéder à un internet ouvert.

La censure et la répression de l’internet prennent des formes variées. Les autorités de la République populaire de Chine (RPC) censurent régulièrement des mots, des phrases et des noms publiés sur internet, qu’elles considèrent anti-communistes ou anti-gouvernement. Elles limitent également l’accès à de nombreux sites web.

En outre, les coupures générales d’internet orchestrées par les gouvernements et les restrictions du réseau étouffent la liberté d’expression, notamment celle de la presse. Au Venezuela, le gouvernement se sert des coupures généralisées d’électricité et d’internet pour restreindre l’accès à l’information et limiter de potentiels troubles politiques.

À Cuba, les autorités ont réduit l’accès à internet dans le pays afin d’empêcher les journalistes et les groupes médiatiques indépendants de diffuser des informations sur la répression exercée par le gouvernement.

Gros plan d’une main tenant un téléphone portable devant un ordinateur portable, et un message de mise en garde apparaissant sur l’écran de chaque appareil (© Wong Maye-E/AP Images)
La notification « Attention ! Vous ne pouvez pas vous connecter à ce site parce qu’il est sur liste noire » apparait à la fois sur un ordinateur et un smartphone à Pyongyang, en Corée du Nord, en 2015. (© Wong Maye-E/AP Images)

Des organisations comme Access Now et la Freedom Online Coalition s’emploient à développer la liberté d’internet et le respect de la liberté d’expression pour tous dans le monde entier.

La Freedom Online Coalition est un groupe composé de 32 gouvernements, dont les États-Unis, qui soutient la liberté d’internet et s’efforce de protéger pour tous, et partout dans le monde, l’expression, le droit d’association et de réunion, et la vie privée en ligne.

« À l’heure où la répression d’internet s’accroît et où les questions de politiques qui y sont liées figurent parmi les dossiers mondiaux les plus intensément discutés, la coalition a un rôle essentiel à jouer dans la promotion des valeurs de la démocratie et des droits de l’homme en ligne », peut-on lire dans l’énoncé de sa mission*.

De son côté, l’ONG internationale Access Now* défend la liberté d’internet à travers le monde. Son rapport de 2020 intitulé Keep It On* [PDF de 6 Mo] documente 155 cas de coupures généralisées d’internet dans le monde, des mesures qui empêchent les citoyens d’accéder à l’information et à la presse libre.

La permanence téléphonique de l’ONG, assurée 24h sur 24, 7 jours sur 7, permet aux militants, aux journalistes et aux défenseurs des droits de la personne de n’importe quel continent (sauf l’Antarctique) de rapporter et de documenter la répression sur internet.

J’aurais dit : La permanence téléphonique de l’ONG, assurée 24h sur 24, 7 jours sur 7, permet etc. Et j’aurais supprimé le « de » devant Antarctique.

« Depuis ces 10 dernières années, l’éventail complet des droits de l’homme est maintenant activé, facilité et accessible grâce à internet, souligne Access Now. Nous sommes prêts à réfléchir aux nouvelles technologies au fur et à mesure qu’elles émergent, et à mettre en évidence ce qu’elles impliquent pour les droits de l’homme. »

*en anglais