Pourquoi les 100 premiers jours d’un mandat présidentiel sont importants

Three men standing in front of open door (© AP Images)
Le président élu Donald Trump et le vice-président élu Mike Pence à l’entrée du pavillon du Trump National Golf Club à Bedminster, dans le New Jersey, le 19 novembre. (© AP Images)

Aux États-Unis, une élection peut être âprement disputée, mais une fois le gagnant désigné, le président élu doit établir les fondements d’un gouvernement opérationnel et réceptif aux besoins de la population.

Donald Trump, tout comme ses prédécesseurs à la Maison Blanche, s’emploiera vraisemblablement à élaborer un plan détaillé de 100 jours afin que dès son investiture, le 20 janvier, son gouvernement soit prêt à travailler. C’est ce qu’explique David Eagles, directeur du Centre pour la transition présidentielle à l’organisation sans but lucratif Partnership for Public Service qui collabore avec les équipes chargées de cette transition.

Pourquoi 100 jours ?

D’après les historiens, c’est le président Franklin D. Roosevelt qui aurait instauré, à son entrée en fonction en 1933, ce délai de 100 jours pour mesurer le succès d’un nouveau chef de l’exécutif. Cette année-là, face à d’inextricables problèmes économiques, Roosevelt a exhorté son Cabinet à mettre rapidement en œuvre de nouveaux programmes.

C’est pendant cette période de 100 jours que le président dévoile son style de leadership et que son pouvoir et son influence sont souvent à leur apogée.

Il est crucial, selon David Eagles, de profiter au maximum de la bonne volonté qui règne traditionnellement pendant ces 100 premiers jours. C’est pourquoi tout nouveau gouvernement cherche à sélectionner tout son personnel de la Maison Blanche avant le 20 janvier, et à nommer les candidats aux 150 postes principaux devant être confirmés par le Sénat, dans l’espoir de compléter le processus d’ici août.

Que se passe-t-il pendant les 100 premiers jours ?

Sequence of historical images and of former U.S. presidents, with superimposed text (State Dept./J. Maruszewski)
(Département d’État/J. Maruszewski; photos © AP Images)

Pendant les 100 premiers jours, les collaborateurs du président élu Donald Trump ont la tâche compliquée de promouvoir son ordre du jour tout en organisant une équipe prête à faire fonctionner le gouvernement fédéral.

Le nouveau président nomme les membres du Cabinet, dont les chefs des ministères (Departments), et 4 000 autres titulaires de postes dans l’administration fédérale (political appointees). Parmi ces nominations, 1 100 devront être confirmées par le Sénat. En outre, un mois seulement après son investiture, en général, le président soumet au Congrès un budget fédéral de plusieurs milliers de pages.

Le président élu Donald Trump a déjà fait connaître certains de ses objectifs en matière de politiques ; le 21 novembre, il a publié sur YouTube une vidéo* à l’intention des Américains dans laquelle il présente une liste de changements qu’il prévoit d’effectuer par décrets présidentiels dès le premier jour de son mandat. Ces changements incluront des limites sur les nouvelles réglementations et une disposition qui interdira aux responsables du gouvernement fédéral de faire du lobbying pendant cinq ans après avoir quitté leur poste.

« Mon ordre du jour sera fondé sur un principe central très simple : donner la priorité à l’Amérique, a déclaré Donald Trump. Qu’il s’agisse de produire de l’acier, de fabriquer des automobiles ou de guérir une maladie, je veux que la prochaine génération de production et d’innovation ait lieu ici même, dans notre grande patrie. »

Comme le président John Kennedy l’a déclaré dans son discours d’investiture en 1961 : « Tout cela ne sera pas achevé au cours des 100 premiers jours. Ni au cours des 1 000 premiers jours, ni pendant le mandat de ce gouvernement, et ni peut-être même de notre vivant sur cette planète. Mais allons-y, commençons. »

La journaliste indépendante Kathleen Murphy a rédigé cet article auquel a contribué Mark Trainer, rédacteur de ShareAmerica.

 

*en anglais