Le sommet présidentiel Mandela Washington Fellowship 2015* touche à sa fin. Pour la majorité des 500 jeunes leaders africains venus passer six semaines de formation aux États-Unis, c’est l’aboutissement d’un séjour aussi enrichissant que fatigant. ShareAmerica a rencontré trois YALI fellows francophones. Voici leurs premières impressions.

Giovani Moanda (Département d'État)
Giovani Moanda (Département d’État)

Giovani Moanda, 25 ans, République du Congo
Entrepreneur, plateforme de l’immobilier “Imonet-Congo.com”
Université d’accueil : University of Texas, Austin (Texas)

Temps fort du programme : Quand j’ai serré la main du président Obama.

Impact de YALI : YALI, c’est la vitrine de l’autre histoire de l’Afrique, l’histoire positive. Le programme réunit 500 jeunes leaders qui s’activent pour faire changer les choses et améliorer la qualité de vie. Le programme nous a permis d’entrer en contact, les uns avec les autres, plus facilement que lorsqu’on est sur le continent.

Le plus surprenant : « Everything is big! » (Tout est grand !) Et à Austin, les gens sont très ouverts. On a été vraiment bien accueillis.

Priorité en rentrant au pays : Partager l’expérience. Ce que je retiens, c’est que la force d’une communauté, d’une ville, d’un pays, ce n’est pas la personne forte, mais les personnes fortes.

Conseils aux futurs candidats : Il faut avoir la passion de créer ou de réaliser quelque chose de plus grand que soit.

Nana Diaby (Département d'État)
Nana Diaby (Département d’État)

Nana Diaby, 30 ans, Mali
Animatrice, productrice de télévision, coach. Directrice, fondatrice de PhiPhi+.
Université d’accueil : University of Notre Dame, Mendoza College of Business (Indiana)

Temps fort du programme : On a passé une journée à la fondation McDonald, à Chicago, à distribuer des cookies à des enfants et des familles en difficulté. Je n’avais jamais vu un tel esprit communautaire, d’entraide. Aux États-Unis, les gens donnent beaucoup, ils font beaucoup de bénévolat, et c’est impressionnant de voir la façon dont cet argent est géré.

Impact de YALI : À travers mon talk-show, je m’efforce de faire prendre conscience au peuple de son pouvoir. Les gens doivent savoir qu’en se rassemblant, ils peuvent faire la différence. À cet instant précis, je me sens un peu comme dans une lune de miel. Mais je pense que ce partenariat avec YALI est sincère. Il permet de nous faire connaître auprès des Américains, ce qui facilite la relation de confiance. Et cette formation va nous permettre de mettre en pratique, chez nous, des modèles de succès, de leadership qu’on nous a montrés ici.

Le plus surprenant : L’état d’esprit des entrepreneurs que j’ai rencontrés à Detroit, dans le Michigan. La ville a fait faillite. Je m’attendais à des gens découragés. Mais c’est tout l’inverse. Ils ne se sont pas laissés aller à cause de la crise. C’est impressionnant de voir combien ils se battent pour se relever.

Priorité en rentrant au pays : Me reposer. Je veux faire des changements dans mon émission et m’investir davantage dans le milieu associatif. J’aimerais construire une campagne de sensibilisation au leadership auprès des jeunes filles et des enfants.

Conseils aux futurs candidats : D’abord, il faut apprendre l’anglais. Puis, il faut bien se renseigner pour être prêt, prêt à se vendre, prêt à faire des contacts car le programme nous ouvre plein de portes.

Eric Sika (Département d'État)
Eric Sika (Département d’État)

Eric Sika, 33 ans, RDC
Entrepreneur social, Fondateur et PDG de 2030 Agripreneurs Inc.
Université d’accueil : University of Wisconsin-Stout (Wisconsin)

Temps fort du programme : La rencontre avec Barack Obama. Il a un tel sens du service. Son discours était porteur d’espoir. Et il nous a bien dit que le changement doit venir de l’Afrique. Il nous a mis au défi.

Impact de YALI : Je me sens changé. L’expérience YALI a transformé ma façon de penser. Elle m’a donné confiance en moi, et la volonté de ne pas me laisser décourager par les échecs. Ici, aux États-Unis, les gens se focalisent sur vos talents. C’est cet état d’esprit que je veux ramener en Afrique.

Le plus surprenant : La culture américaine. Les gens étaient très accueillants. Ils nous ont emmenés voir des matchs de baseball et j’ai même eu la chance de frapper le 1er pitch au début d’un match. Il y a peu de noirs dans le Wisconsin, mais on s’est senti en famille.

Priorité en rentrant au pays : Partager l’expérience. J’aimerais que cette expérience soit une source d’inspiration pour les gens de ma région.

Conseils aux futurs candidats : Il y a beaucoup de gens de qualité en Afrique. Nous ne sommes pas en compétition ; nous sommes tous complémentaires. Et on doit s’engager au service de la collectivité.

 

*en anglais